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Biographie de P. Schaeffer

publié le vendredi 1er mars 2013 par Jocelyne TOURNET LAMMER  []

Pierre Schaeffer - © Robert Cahen {JPEG}

PIERRE SCHAEFFER : Repères biographiques

Né à Nancy, le 14 août 1910, où il fait ses études secondaires, Pierre Schaeffer sort de l’École polytechnique en 1931. En 1932, il suit l’École supérieure d’électricité, puis, en 1933 l’École supérieure des télécommunications.

Dès 1930, il fonde et prend la responsabilité d’un « Clan des Rois Mages », « Routiers » des grandes écoles, en liaison avec le scoutisme catholique et la Revue des Jeunes.

En 1934, il est affecté à la direction régionale des Télécommunications à Strasbourg.
En 1936, muté à la direction de la Radio à Paris, il commence ses travaux sur les conditions de retransmission des messages sonores.

En 1938, il entame une chronique sur la radiodiffusion dans la Revue musicale et crée Tobie, jeu dramatique. Mobilisé en 1939 et démobilisé en juillet 1940, Pierre Schaeffer anime Radio Jeunesse en octobre, puis fonde Jeune France sous l’égide du ministère de la Jeunesse. Ce mouvement est dissous en 1941 par le gouvernement de Vichy. À la fin de cette même année, il est nommé ingénieur à la radio de Marseille, où il rencontre Jacques Copeau.

En 1942, il crée le Studio d’Essai au sein de la Radiodiffusion française. Création rendue officielle le 1er janvier 1943. Le 19 août 1944, Pierre Schaeffer est chargé de prendre la direction de la RDF (Radiodiffusion française), dont il est déchargé le 4 octobre suivant.

En 1945, Le Studio d’Essai devient Club d’Essai qui passe sous la direction de Jean Tardieu. Nommé alors conseiller technique en matière d’études et de recherche, Pierre Schaeffer fait plusieurs missions à l’étranger puis il prend la direction des Services artistiques de la télévision. L’année1948 est marquée par la découverte de la musique concrète.

En 1949, Pierre Schaeffer rencontre Pierre Henry. Les Enfants de coeur sont édités au Seuil, il poursuit ses conférences en France et à l’étranger et son travail de composition.

En 1951, création du Groupe de recherches de musique concrète (GRMC) au sein de la radio. Pierre Schaeffer organise bientôt un premier stage. En 1952, il publie À la recherche d’une musique concrète aux éditions du Seuil et réalise une première anthologie des oeuvres du Studio d’Essai et du Club d’Essai, qu’il intitule Dix ans
d’essais radiophoniques 1942-1952.

En 1953, chargé de mission au ministère de la France d’outre-mer, il fait plusieurs études et mûrit le projet de créer la Sorafom (Société de Radiodiffusion de la France d’Outre-mer). Cette création est rendue officielle en 1955, puis la nécessité de former rapidement des professionnels originaires des pays d’Afrique, l’amène à créer le Studio-École à Maisons- Laffitte. Celui-ci est opérationnel pendant quinze ans, sous la direction d’André Clavé. Pendant son absence, Pierre Henry prend la direction du GRMC. En 1957, Pierre Schaeffer est écarté de la Sorafom.

En 1958, Le GRMC est réorganisé complètement. Il devient Groupe de recherches musicales (GRM), placé sous la direction de Pierre Schaeffer. Dès 1959, des réunions hebdomadaires de recherche lui permettent de présenter différentes expériences sur les « anamorphoses » entre musique et acoustique. En septembre de cette
même année, Pierre Schaeffer est chargé de généraliser à l’image ses recherches sur le son : le 24 octobre marque le début d’une nouvelle structure qui elle aussi va durer quinze ans.

En janvier 1960, la création du Service de la Recherche est rendue effective. En mai et juin de cette même année, le premier Festival de la Recherche est organisé, au cours duquel sont proposés des concerts, des projections de films, des rencontres entre experts.

1961 marque le début d’une recherche sur la communication grâce à la caméra et au filmage interne dans un premier temps. Le GRM entreprend un concert collectif. Pierre Schaeffer commence une série de conférences un peu partout dans le monde (Italie, Allemagne, Canada, etc.) qu’il illustre d’exemples audiovisuels. Il poursuit ses activités de création, de diffusion, d’édition (L’Aura d’Olga en 1962, Opérabus en 1965, Traité des objets musicaux en 1966, Solfège de l’objet sonore en 1967, La musique concrète en 1967, etc.).

En 1966, Pierre Schaeffer restructure son Service. C’est cette année aussi qu’il laisse la direction du GRM à François Bayle. En 1968, Pierre Schaeffer est nommé professeur associé au Conservatoire supérieur national de musique pour la classe de musique électroacoustique et de recherche musicale. Un an plus tard, le Service, reconnu « structure d’accueil » pour les jeunes chercheurs soucieux de communication audiovisuelle et pour de jeunes auteurs, devient un lieu d’expérimentation pour des formules d’émissions ou des modes d’expression et un lieu de recherche
institutionnelle.

En juin 1974, Pierre Schaeffer, présente au public le résultat de 15 ans de recherche et d’expérimentations, au cinéma La Pagode. En août de cette même année, après la partition de l’ORTF, sept sociétés distinctes sont créées dont l’Institut national de l’audiovisuel, largement inspiré par Pierre Schaeffer. Dans le cadre du Haut Conseil de l’audiovisuel, il anime la commission VI (Prospectives et contenus) dont il est le président depuis 1974 puis, en 1978, il rejoint le groupe V, entre autres activités (Commission de la qualité des oeuvres de radio et de télévision).

En 1975, écarté de l’Ina, Pierre Schaeffer se trouve dégagé de toute responsabilité
institutionnelle. C’est en chercheur, en qualité de maître de recherche, qu’il propose à l’Institut de poursuivre des travaux de réflexion sur les modes et les systèmes de communication audiovisuelle. Dans le cadre d’un partenariat avec l’Ina, c’est d’abord Roger Louis, directeur du Crépac, qui met sa structure à la disposition de Pierre Schaeffer, et de son équipe très réduite, pour la mise en production d’une série intitulée Un second regard. Plus tard, ces travaux de réflexions et leurs applications sont poursuivis dans le cadre du Serddav du CNRS. C’est Jean-Michel Arnold qui, cette fois, accueille Pierre Schaeffer et son équipe jusqu’en 1977.

Simultanément, Pierre Schaeffer fait un bref retour à la composition musicale (Trièdre fertile, Bilude en ut). Il reste professeur au Conservatoire jusqu’en 1980. Il donne de nombreuses conférences, participe à la réalisation de nombreuses séries radiophoniques tantôt avec Marc André, tantôt avec Michel Chion, par exemple (Le Monde selon Schaeffer, Le Rythme et la raison, Musique mode d’emploi ou dans le cadre des Ateliers de création radiophonique). Il écrit plusieurs articles de fond concernant la musique ou la communication, entame plusieurs ouvrages. Certains voient le jour (Les Antennes de Jéricho, De l’expérience musicale à l’expérience humaine, etc.). D’autres restent inachevés (Ils sont fous ces Romains, La Traversée du siècle, pour ne citer que ceux-ci).

Toutes ces années et les suivantes sont marquées par la poursuite d’une action d’aide à la mise en place de réseaux spécifiques de communication (tel que, le Crepac avec Roger Louis quelques années plus tôt), tantôt avec François Billetdoux (Radio-Cévennes), tantôt avec Yves Le Gall (Antelim, puis Arcos), par exemple. Il soutient également la création de plusieurs associations (Phonurgia Nova, Les Espaces radiophoniques…).

En 1989, il reçoit le prix McLuhan de la communication.

Outre un rôle de conseiller qu’il exerce auprès de différentes personnes et la réponse à des interviews, prestations ou hommages (Brésil, Cité des Sciences, Ina, Polytechnique, Beaubourg, etc.), les dix dernières années de sa vie sont principalement vouées à l’écriture. Il publie plusieurs ouvrages de genres très différents (Excusez-moi, je meurs, Prélude, choral et fugue, Faber et Sapiens, etc.)

Pierre Schaeffer meurt le 19 août 1995.


Ces lignes jalonnent le parcours professionnel de Pierre Schaeffer. Il existe plusieurs repères chronologiques plus complets sur la vie et l’oeuvre de Pierre Schaeffer, notamment celles qui se trouvent en fin de : Pierre Schaeffer, De la musique concrète à la musique même (La Revue musicale, éditions Richard Masse, 1977), et de
Martial Robert, Pierre Schaeffer : de Mac Luhan au fantôme de Gutenberg, tome III - Communication et musique en France entre 1936 et 1986 (L’Harmattan, 2002).
Pour connaître l’ensemble des documents conservés à l’Ina et sur le Service de la Recherche : Jocelyne Tournet-Lammer, Sur les traces de Pierre Schaeffer, 1942-1995 (Ina/La Documentation française, 2006).

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